Seaview #2: Modernisation de Boulogne-sur-mer, 1er port de pêche de France, par Aquimer

Traçabilité, durabilité, transparence des informations, digitalisation des échanges, valorisation des produits, autant de thématiques sur lesquelles les professionnels de la marée se mobilisent et cherchent des solutions. Face à ce constat, ProcSea souhaite donner la parole aux acteurs de la filière pour mieux appréhender les problématiques de la filière et construire ensemble la filière de demain.

Malgré des ventes à la baisse (en valeur et en volume) pour les criées françaises en 2020, la criée de Boulogne-sur-Mer se maintient à la première place et reste le 1er port de pêche en France en tonnage (27 859 tonnes) et maintenant en valeur (65,1 millions d’euros). Comment ce port s'est-il modernisé au fil des années et quels sont les grands défis à venir ?

Décryptage avec Thierry Missonnier, Directeur du FromNord et du Pôle Aquimer.





Pouvez-vous vous présenter ainsi qu'Aquimer ?


Je suis Thierry MISSONNIER, Directeur du FromNord, une organisation de producteurs (OP) qui regroupe plus de 160 navires dans les Hauts-de-France, en Normandie, dans le Golfe de Gascogne, aussi bien des navires de pêche hauturière que de pêche artisanale, et qui gère un peu plus d’1/3 des quotas français.


De cette OP est née le Pôle Aquimer, dont je suis également directeur. Le Pôle Aquimer fut créé en 1999, avec pour objectif prioritaire : Répondre aux problématiques de la filière Pêche, c'est-à-dire la diminution des ressources autorisées à la capture, la nécessité de travailler sur la valeur ajoutée des produits (plutôt que sur une croissance exponentielle des produits débarquées), etc. Devenue Pôle de compétitivité en 2005, le Pôle Aquimer est aujourd'hui le seul pôle de compétitivité sur la valorisation des produits issus de la pêche et l’aquaculture.



Quels sont les autres constats rencontrés au sein de la filière Mer qui vous ont poussé à fonder ce pôle de compétitivité ?


Le marché des produits de la mer est porteur, avec une demande constante, voire plus importante, que la production des produits issus de la pêche, d’où le développement des produits issus de l’aquaculture. La filière est :

  • constituée quasi exclusivement de PME/TPE,

  • émiettée géographiquement avec ces différentes façades maritimes,

  • très segmentées (Producteur, 1er transformateur, 2ème transformateur, distributeur, etc.).

Et pourtant, elle doit pouvoir :


Ce qui manque dans cette filière ?

  • D’avoir un véritable lien dans la filière en connectant entre eux les professionnels,

  • D’augmenter les investissements en R&D pour adapter les process et les produits.


Vous avez évoqué différentes thématiques, comme la durabilité et la traçabilité, qu’est-ce qui vous passionne au sein de cette filière Mer ?


C'est de pouvoir relier et connecter toutes ces thématiques entre elles, comme :

  • La recherche de la valeur ajoutée d'un produit : comment peut-on aider la filière à se développer ? Comment valoriser les co-produits (les chutes de produit dus à la transformation) ? Pourquoi les valoriser ? Le constat est simple : le prix de vente des co-produits a été multiplié de x10 en 6 ans ! Certaines entreprises ont révélé qu’une partie de leur marge nette est faite sur cette valorisation des coproduits.


  • Les ventes en fonction des attentes des consommateurs, qui ont évolué avec la crise sanitaire, vers des choix plus durables et responsables. Pour répondre à ces exigences, la filière a dû s'adapter, améliorer la praticité en mettant sur le marché une large gamme de produits plus élaborés, travailler sur la traçabilité et la transparence des informations, et anticiper les attentes des consommateurs. Malheureusement, les produits phares en libre-service au sein de la Grande Distribution ne sont pas issus des pêches françaises (comme c'est le cas avec le cabillaud, le saumon et les crevettes d'import).


  • La nécessité d'investir dans l’innovation : on ne peut pas répondre aux attentes des consommateurs sans optimiser les process existants dans la filière. Grâce à la robotique et à la numérisation, les entreprises peuvent s'adapter beaucoup plus facilement et rapidement.


Pourquoi s'engager vers une démarche autour de la durabilité ?


Il faut déjà définir ce que signifie la pêche durable.


Si on se réfère aux TAC (Totaux Admissibles de Captures) et aux quotas, la pêche française est définie comme durable. S'est ajouté à cette définition les marques et labels pour aiguiller au mieux les consommateurs.


Un sujet important est celui de la sélectivité. Le Pôle Aquimer a travaillé sur l'amélioration des techniques de pêche, notamment avec le projet SELUX et ses dispositifs lumineux, et SUMARIS autour d'une gestion commune et européenne des raies. Toute la filière est sensibilisée : du pêcheur et producteur jusqu' aux distributeurs, ce qui est indispensable pour s'engager dans ce type de démarches.


"C'est l'avenir économique des sociétés qui travaillent en mer"


Des innovations au sein de la filière Mer ?


Pas aussi vite que l'on souhaiterait mais oui ! Elle s’est surtout concentrée dans le secteur de la transformation.


Avec le Brexit et une baisse programmée des 25% des captures, il faut optimiser les process ! La filière doit s'organiser, se structurer et se connecter.

"490 entreprises répertoriées en France (Source: UMF)"

©FromNord/Ifremer. Photo illustrant le dispositif SELUX sur un engin de pêche. L’objectif du projet Selux, coordonné par le FromNord, est de proposer un dispositif lumineux durable aux chalutiers artisans permettant de réduire les captures non désirées de poissons, et d'améliorer la sélectivité.


Par ailleurs, avec plus de 50% des produits commercialisés dans le monde, la filière aquacole s'est énormément développée et est devenue une thématique importante d'Aquimer. Tous les freins à la consommation des produits aquacoles ont fait émerger des projets pour une aquaculture durable, notamment sur les vaccinations, l'alimentation, les bonnes pratiques, etc. Le Pôle encourage ces projets pour une production de qualité, et accompagne les entreprises dans ce mouvement.



Quels sont vos projets phares ?


Depuis la création du pôle, c'est plus de 120 projets pour une enveloppe de 250 millions d'€ financé, et 17 sources de financements différentes, régionaux, européens ou nationaux. L'objectif de ces projets est est de mobiliser les compétences scientifiques et techniques pour accompagner les entreprises dans leur développement. Nous travaillons sur 3 thématiques majeures :

  • L'alimentation du futur

  • Les nouvelles approches technologiques

  • La valorisation des ressources pêches et aquaculture


En savoir plus sur les projets d'Aquimer.




Retrouvez toutes les actualités autour de la filière Pêche et Aquaculture du Pôle Aquimer ici





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